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La thérapie génique

En quoi consiste la thérapie génique ?

Les anomalies du système immunitaire sont généralement d’origine génétique, par exemple si un gène essentiel au bon fonctionnement des défenses ne produit pas la protéine vitale qu’il devrait coder, tout le système immunitaire devient inopérant. Si un seul gène est la cause de l’anomalie et s’il est bien identifié, la thérapie génique - c’est-à-dire le remplacement du gène déficient par le gène normal - peut alors être envisagée et elle permet d’éviter les complications causées par une greffe de moelle osseuse.

La thérapie génique est un traitement qui consiste à remplacer un gène déficient par un gène sain: Il faut introduire un gène étranger  (ou gène médicament) dans les cellules souches de l'organisme afin qu’elles fabriquent une protéine susceptible de résoudre l’anomalie. On sait que les gènes contrôlent la fabrication des protéines.

On effectue alors une copie saine du gène défectueux qui est obtenue à partir d’un prélèvement de la moelle du patient. Un vecteur (véhicule moléculaire qui permet d’introduire des gènes dans des cellules cibles) dans lequel a été insérée une copie normale du gène affecté est mis en contact avec les cellules et va venir « corriger » le génome déficient (= chromosome X et Y).en produisant petit à petit une protéine. Puis les cellules génétiquement modifiées sont réinjectées chez le patient par voie intraveineuse (sanguine). L'expression du nouveau gène dans ces cellules souches capables de se différencier dans tous les types de cellules du sang, doit permettre la reconstruction d'un système immunitaire pour le patient. Cette technique permet de reconstituer le stock de globules blancs et d’autres cellules de défense de l’organisme.

Quel est son parcours ?

Jusqu'en 2000, le seul espoir de traitement des bébés-bulle était la greffe de moelle osseuse. Mais celle-ci est ralentie à la disponibilité d'un donneur parfaitement compatible, ce qui ne concerne malheureusement que 20% des patients environ. Le traitement par thérapie génique des bébés atteints du DICS-X a été mis au point en 1993 par le Pr Alain Fischer et c'est en avril 2000 qu'a été annoncé son premier succès. À cette date, les deux premiers enfants traités avaient pu réintégrer le domicile familial libérés de tout traitement.

La découverte de la thérapie génique va alors prendre un tournant dans le monde des maladies immuno-déficientes, mais celle-ci va rencontrer quelques difficultés.

 

Ce traitement est-il fiable à 100% ?

Il est actuellement difficile de parler des résultats de la thérapie génique, puisque celle-ci n'est encore qu'en phase expérimentale. Même si l'on connaissait un pourcentage global d'efficacité, il serait seulement indicatif et n'aurait aucune valeur statistique, étant donné le nombre infime de malades traités. On peut néanmoins indiquer que certaines expériences ont été interrompues à cause d'effets indésirables, et que l'on parle pour l'instant, pour les expériences en cours ou terminées, davantage d'amélioration des symptômes que de guérison.

 

Exemple de deux patients de 8 et 11 mois porteurs d’une anomalie génétique du chromosome X responsable d’une absence totale de deux cellules-clé du système immunitaire

Les lymphocytes T et Natural Killer (NK), ont tout d’abord été prélevé dans la moelle osseuse. Les cellules souches de cette moelle osseuse, ont ensuite été sélectionnées puis infectées par un virus rendu inoffensif, une sorte de cheval de Troie, qui leur a transmis la séquence génétique qui faisait justement défaut chez les deux petits patients. Cette séquence génétique s’est ainsi intégrée dans le génome de la cellule souche qui a donc commencé à produire la protéine manquante, laquelle a permis l’apparition de générations de lymphocytes T et NK. La moelle osseuse modifiée a enfin été réinjectée. Un an environ après ce traitement, le système immunitaire des deux enfants est redevenu normal. Ces derniers, parfaitement sains, ont même pu être vaccinés et vivent aujourd’hui à domicile sans aucun traitement alors que le déficit dont ils sont porteurs était mortel dans 100 % des cas jusqu’au début des années 80.

La thérapie génique, une source d'espoir

La mise au point d'un système d'insertion ciblée du gène-médicament reste néanmoins un objectif incontournable pour la sécurité des patients. Mais la thérapie génique ne reste aujourd'hui qu'une source d'espoir qu'il faut approfondir au maximum. C'est une découverte qui a fait avancer la science et qui ne va pas s'arrêter là.
En 2000, l'équipe du Pr. Fisher de l'hôpital Necker parvenait en effet pour la première fois à guérir deux nourrissons de 8 et 11 mois d'un déficit immunitaire combiné sévère lié au chromosome X dont nous avons montrer l'exemple. Ces résultats ont été confirmés depuis lors par le succès du traitement de huit patients. Mais chez un des patients, une complication a été observée et l'essai thérapeutique suspendu.